L'origine du Jeux d'Échecs







Des archéologues ont plus d'une fois découvert des objets qui auraient pu être des pièces d'échecs. Ces objets remontaient à des milliers d'années. Serait-il possible que des sénateurs romains, des philosophes grecs ou même des pharaons égyptiens aient joué à ce jeu d'échecs primitif ? Est-ce qu'on jouait aux échecs autour des jardins suspendus de Babylone et dans les cours des palais d'Ur ? Cela semble douteux, de toute évidence.

Nathan Divinsky, dans son admirable encyclopédie The Batsford Chess Encyclopedia résume l'opinion généralement acceptée : « Il est improbable que le jeu d'échecs existait longtemps avant l'an 600, vu l'absence de références dans l'histoire de la Grèce intellectuelle ou celle de la Rome impériale. »

La plupart des historiens sont maintenant d'accord pour dire que les pièces les plus anciennes datent d'autour de l'an 600. C'est également la date approximative des premières références aux échecs dans la littérature. L'auteur en est un Perse qui fait état d'un jeu semblable au nôtre appeléchaturanga et venu de l'Inde par les grandes routes marchandes. Si on ajoute quelques dizaines d'années pour que le jeu entre dans les mœurs et qu'on commence à en parler, puis qu'il fasse son chemin jusqu'en Perse, on peut supposer que le jeu d'échecs a été inventé en Inde au cours du VIe siècle de notre ère.

Chaturanga, des textes sanskrits, veut dire « quadripartite », c'est-à-dire divisé en quatre parties. L'armée indienne de l'époque s'appelait aussichaturanga et se composait de quatre corps : les éléphants, les cavaliers, les chars et les fantassins. Ainsi, deux explications possibles de la genèse des échecs se présentent :

Un sage nommé Sissa
D'après la légende, l'inventeur présumé des échecs indiens serait un brahmane nommé Sissa. Il aurait inventé le chaturanga pour distraire son prince de l'ennui, tout en lui démontrant la faiblesse du roi sans entourage. Souhaitant le remercier, le monarque propose au sage de choisir lui-même sa récompense. Sissa demande juste un peu de blé. Il invite le souverain à placer un grain de blé sur la première case d'un échiquier, puis deux sur la deuxième case, quatre grains sur la troisième, huit sur la quatrième, et ainsi de suite jusqu'à la soixante-quatrième case en doublant à chaque fois le nombre de grains. Cette demande semble bien modeste au souverain fort surpris et amusé par l'exercice. Mais le roi n'a jamais pu récompenser Sissa : tout compte fait, il aurait fallu lui offrir non pas un sac, mais 18 446 744 073 709 551 615 grains... soit la toute les moissons de la Terre pendant environ cinq mille ans !

C'est à la fin du Xe siècle que ce jeu de guerre, d'origine indienne, est transmis à l'Occident par les Arabes. En moins d'un siècle, les échecs se répandent dans toute la société médiévale. Ils connaissent un grand succès tant auprès de l'aristocratie européenne dont c'est rapidement la distraction favorite, que dans les classes populaires où l'on jouait avec des dés et pour de l'argent. Bien des éléments du jeu arabo-persan déroutent cependant les Occidentaux. Près de deux cents ans seront nécessaires pour transformer ce jeu de guerre en un jeu de cour en adéquation avec les valeurs de la société féodale. Ce sont surtout les pièces qui ont évolué, prenant une forte connotation symbolique : l'échiquier représente la ville nouvelle du Moyen Âge où prennent place les différentes catégories sociales de la société médiévale.

Les règles changent à la Renaissance, se dotant d'une marche plus rapide, telle que nous la connaissons aujourd'hui. Des tournois commencent à être organisés, des champions vénérés, tels le Français Philidor qui, au XVIIIe siècle, initie une nouvelle stratégie confiant aux pions un rôle fondamental. Bnf.







D'asprès Normand Lamoureux


  • Le jeu d'échecs était une représentation de la guerre ou un terrain d'entraînement à la guerre sans effusion de sang.
  • Le jeu d'échecs était une façon de recréer la réalité en miniature, tout comme dans les jeux actuels où nous pouvons acheter et vendre des terrains et des hôtels avec des billets de banque de fantaisie.

Dans le chaturanga, les coups étaient décidés par le lancement des dés. Cela offre une autre théorie sur la création du jeu : cette ancienne forme du jeu d'échecs était un moyen de prédire l'avenir ou de recevoir des messages venant des dieux. David Hooper et Kenneth Whyld, dans leur Oxford Companion to Chess, proposent ce scénario :

« En dirigeant la chute d'objets sur un plan de divination, les dieux pouvaient communiquer avec les mortels. Plus tard, les dés ont été ajoutés pour désigner impérativement les pièces à bouger et ainsi révéler davantage des intentions divines. Puis un sacrilège a eu l'audace de convertir le procédé en jeu, éliminant peut-être les dés à ce moment-là. C'est sans doute cette personne qui, ayant sécularisé le rite religieux, a le plus droit au titre d'"inventeur" du jeu d'échecs. »



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